Que deviennent les biosolides du Québec ?
Les biosolides sont les résidus solides issus du traitement des eaux usées municipales, une fois stabilisés. En 2023, le Québec en a généré environ 817 000 tonnes humides (incluant les boues de fosses septiques), selon le bilan de RECYC-QUÉBEC. Leur destination touche les sols, l’eau, le climat et le budget des municipalités. Elle évolue : la Stratégie québécoise de valorisation de la matière organique vise au moins 70 % de valorisation d’ici 2030, et un nouveau cadre sur les matières résiduelles fertilisantes, en vigueur depuis le 1er novembre 2025, resserre les exigences sur les contaminants comme les PFAS. Voici le portrait et ce qui change.
Où vont les biosolides municipaux ? (2023)
| Destination | Tonnes humides | Part |
|---|---|---|
| Épandage sur des terres agricoles | 317 000 | 39 % |
| Incinération | 281 000 | 34 % |
| Biométhanisation | 109 000 | 13 % |
| Compostage | 63 000 | 8 % |
| Enfouissement | 48 000 | 6 % |
Source : RECYC-QUÉBEC, Bilan 2023 de la gestion des matières résiduelles (matières organiques). Tonnes humides; un ajustement de siccité à 25 % est appliqué à certaines boues liquides biométhanisées. Les parts sont calculées sur 817 000 t.
Ce qui met les filières sous pression
- La Stratégie de 2020 : « bannir la matière organique de l’élimination demeure une orientation poursuivie par le Québec », sans date ferme de bannissement, et la Stratégie vise à recycler ou à valoriser au moins 70 % de la matière organique visée d’ici 2030.
- Les contaminants : le Code de gestion des matières résiduelles fertilisantes est en vigueur depuis le 1er novembre 2025 et introduit de nouveaux seuils pour les SPFA (PFAS). Le bilan 2023 note aussi que les préoccupations liées aux contaminants émergents ont influencé la gestion des biosolides.
- La diversité des filières : l’épandage, l’incinération et la biométhanisation représentent ensemble plus de 85 % des volumes, chacun avec ses contraintes.
Vers quelles solutions ?
Les municipalités cherchent des alternatives conformes et prévisibles. Parmi les pistes, la pyrolyse traite les biosolides à haute température, sans oxygène, et produit du biochar. Des études évaluées par les pairs rapportent un retrait de plus de 95 % des PFAS de la phase solide, avec des nuances sur les gaz et les liquides (voir notre article sur les PFAS). C’est la voie développée par Ekotek Énergies avec Primaterra™, qui traite les biosolides avec de la biomasse forestière pour produire un engrais biosourcé.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un biosolide ?
C’est un résidu solide du traitement des eaux usées municipales, stabilisé pour pouvoir être géré ou valorisé. On parle aussi de boues d’épuration traitées.
Le Québec interdit-il l’enfouissement des matières organiques en 2030 ?
Pas selon la Stratégie de 2020 : le bannissement de l’élimination est une orientation poursuivie, sans date ferme. La Stratégie fixe toutefois un objectif de valoriser au moins 70 % de la matière organique visée d’ici 2030.
Le biochar remplace-t-il l’épandage direct ?
Le biochar est un produit différent : la pyrolyse retire une grande partie des PFAS du solide et stabilise les nutriments. Les résultats propres à Primaterra™ seront publiés après les essais de mise en service.
Sources
Votre municipalité gère des biosolides ?
Parlons de vos volumes, de vos étangs aérés et des contraintes de votre territoire.
