Biocarburant maritime et pyrolyse rapide
Le transport maritime dépend encore largement de combustibles lourds, très émetteurs. La Stratégie 2023 de l’Organisation maritime internationale (OMI) vise la neutralité des émissions de gaz à effet de serre du secteur « d’ici ou vers 2050 », avec des jalons indicatifs en 2030 et en 2040. Cela pousse l’industrie à chercher des carburants à plus faible intensité carbone, dont les biocarburants avancés issus de résidus. La pyrolyse rapide, qui transforme la biomasse en bio-huile liquide, en fait partie. Voici comment cela fonctionne.
Source : OMI, Stratégie 2023 de réduction des émissions de GES des navires (en anglais). Jalons indicatifs : baisse d’au moins 20 % (en visant 30 %) d’ici 2030 et d’au moins 70 % (en visant 80 %) d’ici 2040.
De la biomasse à la bio-huile
- Chauffage rapide : la littérature décrit la pyrolyse rapide par une chauffe très rapide, des températures de 400 à 500 °C et un temps de séjour des vapeurs d’environ une seconde.
- Condensation immédiate : les vapeurs quittent la zone chaude et sont condensées pour préserver la fraction liquide. Sur le bois, le rendement en bio-huile peut atteindre 65 à 75 % en masse, contre environ 50 à 60 % pour les herbacées.
- Formulation : la bio-huile obtenue est ensuite formulée en biocarburant pour les usages maritimes et industriels.
Le procédé FLASH™ d’Ekotek vise un chauffage supérieur à 500 °C par seconde et une condensation des vapeurs en moins de deux secondes. Ce sont des spécifications de procédé, à valider en exploitation.
Des volumes de référence
La bioraffinerie Primaterra™ est conçue pour produire environ 5 millions de litres par année de bio-huile formulée en biocarburant marin, à partir de biosolides municipaux et de biomasse forestière. Cette valeur est une capacité de conception d’Ekotek, sujette à validation lors de la mise en service.
Ce qu’il reste à démontrer
- La conformité aux spécifications. La norme ISO 8217 (édition 2024) définit les exigences des combustibles marins, distillats et résiduels, et admet des combustibles de sources synthétiques ou renouvelables, dont des mélanges avec des esters méthyliques d’acides gras (FAME). Les essais du biocarburant Primaterra™ restent à réaliser. [à compléter : résultats d’essais du biocarburant]
- La chaîne logistique maritime et les partenaires portuaires. [à compléter : partenaires et accords pouvant être nommés publiquement]
- La vérification de la réduction des émissions sur le cycle de vie, selon une méthodologie reconnue.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la pyrolyse rapide ?
C’est une décomposition thermique de la biomasse, sans oxygène, avec un chauffage très rapide et un refroidissement immédiat des vapeurs, pour maximiser la fraction liquide (bio-huile).
Le biocarburant est-il carboneutre ?
Un biocarburant issu de résidus peut réduire les émissions par rapport à un carburant fossile, mais le résultat dépend du cycle de vie complet et doit être vérifié. Nous préférons parler de réductions mesurées et vérifiées.
Pourquoi produire du biocarburant maritime à Thetford Mines ?
Le site valorise des résidus régionaux, et le biocarburant est l’un des sept flux de revenus de Primaterra™, aux côtés du biochar NPK, de l’hydrogène, du vinaigre de bois, du phosphore récupéré, des crédits carbone et des services municipaux.
Sources
Un projet de carburants maritimes ou industriels ?
Parlons des volumes, des spécifications et du calendrier.
